La plupart des conseils sur le moment où visiter le Maroc sont écrits pour les villes et à peu près inutiles pour la marche. Le pays s'étend de la côte atlantique à 4 167 mètres, et les saisons s'inversent selon l'endroit où l'on se tient : le mois parfait dans le Haut Atlas vous tuera au Sahara, et réciproquement.
Voici le calendrier par région.
Le Haut Atlas — mai, juin, septembre, octobre
Au-dessus de 2 500 mètres environ, la neige ferme les cols de novembre à avril à peu près. Le Toubkal en hiver est un objectif d'alpinisme qui exige crampons et piolet, pas un trek.
Mai et juin sont les meilleurs mois : tout est ouvert, l'eau de fonte coule, les hauts pâturages sont verts et les villages font monter les bêtes. Septembre est presque aussi bon et plus calme, avec une météo plus stable et des rivières plus basses. Octobre fonctionne jusqu'à la mi-mois, après quoi les nuits en altitude deviennent sérieuses.
Juillet et août restent praticables, mais les vallées sont très chaudes et les refuges sont pleins. Partez à cinq heures du matin ou ne partez pas.
Le Sahara — d'octobre à avril
Exactement l'inverse. L'été dans le désert n'est pas une saison de marche ; les températures diurnes rendent les sorties de plusieurs jours réellement dangereuses et aucun opérateur sérieux n'en organise.
De novembre à février, c'est la saison de marche : journées chaudes, nuits froides, parfois proches de zéro après la nuit tombée. Mars et avril sont excellents et un peu plus doux. Octobre est l'intersaison et reste chaud au milieu de la journée.
L'Anti-Atlas — d'octobre à avril, et surtout en février
Assez bas pour marcher tout l'hiver, trop chaud pour en profiter l'été. Fin février et début mars, c'est la floraison des amandiers, et c'est la raison de caler un voyage sur une quinzaine précise.
Le Moyen Atlas — d'avril à juin, de septembre à octobre
Les cédraies autour d'Azrou et d'Ifrane, les lacs, et les villages amazighs du plateau. De la neige en hiver — Ifrane est une station de ski — et un été agréable mais fréquenté, quand les Marocains y montent pour fuir la chaleur.
La côte — toute l'année
D'Essaouira à Sidi Ifni, les sentiers côtiers fonctionnent en tout mois. Toujours venteux. C'est la réponse pour juillet et août, quand tout l'intérieur est impraticable.
Le ramadan
Il vaut la peine d'en tenir compte, et les dates avancent d'environ onze jours chaque année.
Marcher pendant le ramadan est tout à fait possible et les guides travaillent, mais votre guide et vos muletiers jeûneront de l'aube au coucher du soleil, eau comprise. Lors d'un ramadan d'été, c'est une demande considérable en montagne. Les journées commencent et finissent plus tôt, les pauses déjeuner disparaissent, et l'humeur en fin d'après-midi est compréhensiblement plate.
La compensation, c'est que le repas du soir est une vraie occasion, et y être invité compte parmi les meilleures choses qui puissent arriver à un visiteur ici.
Si vous voyagez à cette période, soyez discret en mangeant et en buvant devant des gens qui jeûnent. Personne ne dira rien. C'est simplement une politesse.
La réponse en une ligne
Si vous voulez marcher au Maroc et n'avez pas décidé où : partez en mai ou en septembre, et allez dans le Haut Atlas. Si ces mois sont impossibles, partez en février et allez au sud — l'Anti-Atlas en fleurs ou le désert à pied.
La seule combinaison vraiment mauvaise, c'est la haute montagne en plein hiver sans matériel, ou n'importe où au sud de l'Atlas en juillet.



