La plupart des listes d'affaires pour le Maroc sont écrites pour une semaine dans un riad de Marrakech. C'est un vrai voyage, mais ce n'est pas celui que font la plupart de nos clients, et la liste standard échoue dès qu'on ajoute de l'altitude ou une nuit dans le désert.
Le problème à résoudre est celui-ci : un même itinéraire marocain peut contenir un après-midi à 45 °C en médina, une nuit à 3 200 mètres où le thermomètre passe sous zéro, et un campement dans le désert qui fait les deux en douze heures. Vous faites vos bagages pour trois climats, et le sac doit rester portable.
Les vêtements : la réponse par couches
Oubliez « pays chaud, voyager léger ». Emportez des couches qui se compressent.
Première couche. Deux ou trois hauts légers à manches longues, en mérinos ou en synthétique. Les manches longues sont contre-intuitives par forte chaleur et correctes en pratique : elles bloquent le soleil, réduisent les brûlures, et passent mieux culturellement en zone rurale. Les t-shirts en coton conviennent en ville et ne servent à rien dès qu'on transpire en altitude.
Couche intermédiaire. Une polaire ou une doudoune légère qui se compresse à rien. C'est l'article que les gens laissent et regrettent. Les nuits dans le désert de novembre à février descendent à 2-5 °C. Les gîtes de montagne ne sont pas chauffés.
Coupe-vent. Une couche imperméable au vent. La pluie est peu probable hors de l'hiver et du Nord, mais le vent en altitude et le sable soulevé dans l'erg justifient tous deux son poids.
Le bas. Des pantalons légers à séchage rapide. Deux paires. Le short convient aux hommes en ville et en trek mais détonne dans les villages ; la longueur genou est le compromis raisonnable. Pour les femmes, un pantalon ample ou une jupe longue attirera moins l'attention que tout ce qui s'arrête au-dessus du genou — observation pratique plutôt que règle.
Un foulard. L'objet le plus utile du sac. Soleil sur la nuque, poussière dans les gorges, sable soulevé sur une crête de dune, épaules couvertes en entrant quelque part qui le justifie, et oreiller sur une longue route. Achetez-le sur place : ils sont meilleurs et moins chers.
Les chaussures
Si vous marchez : de vraies chaussures montantes maintenant la cheville, rodées avant le départ. Le Haut Atlas, c'est de la caillasse et du rocher, pas du sentier. Des ampoules attrapées au premier jour d'une traversée de cinq jours sont un vrai problème.
Sinon : des chaussures de marche fermées pour la médina. Les rues sont irrégulières, souvent mouillées près des tanneries et du poisson, et partagées avec les mulets et les scooters. Les sandales sont pour la terrasse du riad.
Pour le désert : ce que vous avez déjà, plus la certitude que le sable entre partout au-dessus de la cheville. Chaussures basses plus guêtres, ou acceptez-le.
Les articles spécifiques au désert
- Une lampe frontale. Les campements sont éclairés à la lanterne et la marche jusqu'aux toilettes se fait dans le noir.
- Un sac étanche ou des sachets zip pour le matériel photo. Le sable fin s'infiltre partout.
- Des lunettes de soleil enveloppantes. Le sable soulevé sur une crête ventée fait vraiment mal.
- Un stick à lèvres avec indice. L'altitude, l'air sec et la lumière réfléchie gercent les lèvres en deux jours.
Les articles spécifiques à l'altitude
Si le Toubkal ou tout itinéraire au-dessus de 3 500 mètres est au programme :
- Gants et bonnet chaud. Les départs pour le sommet se font à 4 ou 5 heures. Il gèle à cette heure-là, à cette altitude, quel que soit le mois.
- Crème solaire indice 50. Les UV à 4 000 mètres sont sévères et l'arête sommitale n'offre aucune ombre.
- Un litre d'eau minimum, deux de préférence. La déshydratation est la première cause d'échec au sommet que nous constatons.
- Crampons et piolet entre novembre et avril environ. Louables à Imlil ; n'improvisez pas là-dessus.
La pharmacie
Une petite trousse fait l'essentiel : sels de réhydratation, lopéramide, ibuprofène, pansements dont pansements ampoules, antiseptique, et vos ordonnances personnelles dans leur emballage d'origine. Les sels de réhydratation méritent d'être soulignés : ils règlent à la fois le coup de chaleur et le mauvais estomac, les deux choses les plus susceptibles de perturber votre voyage.
Les pharmacies marocaines en ville sont excellentes, bien approvisionnées, et tenues par des pharmaciens qui diagnostiquent les petits maux au comptoir. Inutile d'emporter un hôpital de campagne.
Papiers et argent
- Passeport valable six mois après l'entrée.
- Une carte qui fonctionne — Visa et Mastercard sont largement acceptées en ville, presque nulle part en montagne ou dans le désert.
- Des espèces. C'est ce qu'on sous-estime le plus. Le Maroc rural fonctionne au liquide : gîtes, muletiers, épiceries de village, pourboires, petites coopératives. Retirez à Marrakech ou Ouarzazate avant de descendre vers le sud ou de monter.
- Une photo de votre passeport, stockée ailleurs que dans la pellicule de votre téléphone.
Ce qu'il faut laisser
Le drone, sauf autorisation. Ils sont régulièrement confisqués à la douane et la paperasse n'a rien d'anodin.
Tout objet de valeur dont la perte vous contrarierait, non pas parce que le vol est probable mais parce qu'un sac qui tombe d'un mulet dans un gué l'est.
Une serviette pleine taille. Les riads en fournissent ; gîtes et campements supposent une petite serviette à séchage rapide.
Les vêtements en excès. La lessive est bon marché et rapide partout, et vous achèterez quelque chose — presque tout le monde le fait.
Le sac lui-même
Un sac souple ou un sac à dos, pas une valise rigide à roulettes. Si une partie de votre voyage implique un mulet, un chameau ou une ruelle de médina, les roulettes sont un handicap : les rues sont pavées, en escalier, et trop étroites pour qu'une valise soit traînée sans devenir une nuisance publique. Un sac souple de 40 à 60 litres plus un sac à dos de journée couvre presque tous les itinéraires que nous organisons.



