Le Maroc est l'un des meilleurs pays de trek au monde, et la quasi-totalité du flux va vers une seule montagne. Le Toubkal absorbe l'immense majorité des randonneurs parce qu'il est le plus haut, et « le plus haut » est une chose facile à vouloir. C'est aussi, et de loin, la moins belle marche du pays.
Voici les vraies options, comparées sur ce qui décide si vous les apprécierez.
Le Toubkal — 2 à 3 jours, 4 167 m
De quoi il s'agit : l'ascension classique depuis Imlil, une nuit au refuge Neltner à 3 207 m, et une montée avant l'aube dans l'éboulis jusqu'au point culminant de l'Afrique du Nord.
Difficulté : aucune compétence technique requise entre mai et octobre environ. La difficulté, ce sont l'altitude et l'éboulis. Les 900 derniers mètres sont une pierraille mouvante continue, à une pente qui punit quiconque est parti trop vite.
Pour qui : les marcheurs en forme qui veulent un sommet et disposent de peu de jours.
La réserve honnête : c'est fréquenté, le refuge fonctionne en dortoir, et le paysage de la voie normale est grandiose plutôt que varié — vous êtes dans une vallée, puis sur une pente. La vue du sommet est immense et la marche pour y aller est monotone.
En hiver : un véritable objectif d'alpinisme. Crampons et piolet indispensables de novembre à avril environ, ainsi que la maîtrise de l'auto-arrêt. Les ascensions hivernales encadrées comptent parmi les plus belles journées du calendrier marocain.
La traversée du M'Goun — 5 à 7 jours, 4 068 m
De quoi il s'agit : une traversée complète du massif du M'Goun, généralement depuis la vallée des Aït Bougmez, franchissant le plateau de Tarkeddit à 2 900 m puis suivant une longue arête calcaire jusqu'au sommet.
Difficulté : plus soutenue que le Toubkal, mais sans journée plus dure. C'est un itinéraire de marche avec un haut passage, pas une escalade.
Pour qui : quiconque dispose de cinq jours et veut la plus belle montagne. C'est la marche que nous recommandons le plus et celle qu'on nous demande le moins.
Pourquoi elle est meilleure : c'est une traversée et non un aller-retour, donc le paysage change chaque jour — vallée irriguée, puis gorge, puis le vaste plateau, puis l'arête calcaire nue avec les cirques qui plongent au nord. Vous croiserez des bergers en transhumance et très peu d'autres randonneurs.
Le Jebel Saghro — 4 à 6 jours, jusqu'à 2 712 m
De quoi il s'agit : un massif volcanique entre le Haut Atlas et le Sahara. Tours de roche noire, montagnes-tables, gorges, et presque aucune végétation.
Difficulté : modérée. Altitude faible pour le Maroc, donc pas de souci d'acclimatation ; le défi, ce sont la chaleur et l'eau.
Pour qui : les randonneurs d'hiver. C'est le point crucial — quand le Haut Atlas est sous la neige, le Saghro est à son meilleur. De décembre à mars, c'est sa saison.
Le caractère : des familles semi-nomades Aït Atta y hivernent encore avec leurs troupeaux, avant de monter aux pâturages du Haut Atlas l'été. C'est ce qui ressemble le plus à traverser à pied un paysage nomade en activité.
L'Anti-Atlas et le Jebel Aklim — 3 à 5 jours, jusqu'à 2 531 m
De quoi il s'agit : un pays ancien de granite et de quartzite érodés, dans l'extrême sud autour de Tafraoute — rochers peints, oasis de palmiers, villages bleu-gris, et amandiers qui fleurissent en février.
Difficulté : facile à modérée. Les villages sont proches les uns des autres, donc les journées sont courtes et les nuits se passent dans des maisons plutôt que sous la tente.
Pour qui : ceux qui veulent de la culture et du paysage plus que du dénivelé, et quiconque voyage en hiver ou au début du printemps.
Itinéraires nomades et Sahara — 3 à 6 jours
De quoi il s'agit : marcher avec une caravane de dromadaires à travers l'erg et la hamada pierreuse entre M'hamid et l'Erg Chigaga, en dormant sous la toile ou à la belle étoile.
Difficulté : physiquement la plus facile de cette liste — plat, basse altitude — et mentalement la plus dure pour certains. Marcher dans le sable est fatigant, les journées sont chaudes, et il n'y a rien à regarder que ce que l'on traverse.
Pour qui : ceux qui veulent le désert comme expérience plutôt que comme photographie d'une nuit.
Saison : d'octobre à avril uniquement. Absolument pas l'été.
Le circuit du Toubkal — 5 à 7 jours
Il mérite d'être nommé à part : plutôt que l'aller-retour au sommet, le circuit fait le tour du massif par plusieurs cols de plus de 3 500 m, en passant par le lac d'Ifni et le plateau du Tazaghart, le sommet restant une journée optionnelle.
Si vous voulez le Toubkal et de la variété, c'est la réponse à la monotonie de la voie normale.
Choisir, rapidement
| Si vous voulez… | Prenez |
|---|---|
| Le point culminant, en 2–3 jours | Toubkal, voie normale |
| La plus belle marche du Maroc | Traversée du M'Goun |
| Marcher en hiver | Jebel Saghro |
| Les villages et la culture plutôt que les sommets | Anti-Atlas |
| Le désert à pied | Itinéraire nomade au Sahara |
| Le Toubkal sans l'ennui | Circuit du Toubkal |
Ce que tout itinéraire exige
Un guide breveté — obligatoire dans le parc du Toubkal, vivement conseillé partout ailleurs. Les sentiers de l'Atlas sont des pistes muletières non balisées, pas des chemins fléchés.
Des mulets. La norme sur tous les itinéraires de plusieurs jours. Vous marchez avec un sac léger ; le mulet porte le reste. Ce n'est pas du luxe, c'est le fonctionnement de la montagne, et le muletier est en général la personne qui connaît le mieux le terrain.
Des chaussures rodées. Le sol est de la pierre mouvante presque partout.
L'acclimatation pour tout ce qui dépasse 3 500 m. Deux nuits au-dessus de 2 500 m avant une tentative de sommet évitent la plupart des problèmes d'altitude que nous voyons.
Des espèces. Gîtes, muletiers et déjeuners de village se règlent en liquide.
Les saisons, en condensé
- Haut Atlas (Toubkal, M'Goun) : de juin à septembre pour la marche ; de novembre à avril, c'est de l'alpinisme.
- Saghro : d'octobre à avril. Meilleur en hiver.
- Anti-Atlas : d'octobre à mai. Février pour les amandiers en fleur.
- Sahara : d'octobre à avril.
Il n'y a aucun mois où l'on ne peut rien marcher. Il n'y a que des mois où le choix évident est le mauvais.



