Le mot riad vient de l'arabe « jardin », et c'est là que tout se joue. Ce n'est pas une maison à laquelle on a ajouté un jardin ; c'est un jardin autour duquel on a bâti une maison.
Le plan
Un riad s'organise autour d'une cour ouverte sur le ciel, traditionnellement plantée de quatre parterres symétriques — les quatre fleuves du paradis — avec une fontaine à la croisée. Les pièces se disposent autour de ce vide sur tous les côtés, souvent sur deux ou trois niveaux, et la symétrie n'est pas un ornement. C'est la règle d'organisation.
Tout regarde vers l'intérieur. L'élévation sur rue est un mur aveugle et une porte.
Pourquoi le mur est aveugle
Les visiteurs lisent ces murs comme hostiles. Ils ne le sont pas. Ils font trois choses à la fois :
- Thermique. Une terre ou une brique épaisse, presque sans ouverture, maintient une cour dix degrés plus fraîche que la ruelle voisine en juillet.
- Acoustique. La médina est bruyante. La cour ne l'est pas.
- Sociale. La vie domestique est privée. Le mur est l'endroit où cette intimité est garantie, et la porte est la seule négociation.
Un riad ne présente pas de façade à la rue, parce qu'il ne considère pas la rue comme son public.
La logique verticale
La hauteur travaille réellement ici. La cour fonctionne comme une cheminée : l'air chaud s'échappe par le haut ouvert et attire l'air plus frais à travers les pièces du rez-de-chaussée. Les étages ont la brise et les vues ; le rez-de-chaussée a la fraîcheur.
La terrasse est la dernière pièce de la maison — pour faire sécher les aliments, pour dormir au pire de l'été, et pour la seule vue qui comprenne le bâtiment de quelqu'un d'autre.
Ce qu'il faut regarder
- Le zellige jusqu'à hauteur d'épaule environ, puis le plâtre sculpté au-dessus, puis le cèdre. Cette séquence verticale est quasi universelle, et elle suit la facilité avec laquelle chaque matériau s'abîme.
- Une entrée en chicane. La porte ouvre rarement droit sur la cour ; il y a presque toujours un coude, pour que personne depuis la rue ne puisse voir à l'intérieur.
- Des colonnes dépareillées. Les riads anciens ont récupéré du matériau partout où il s'en trouvait. Une cohérence parfaite signale en général une restauration récente.



